Combien mes enfants paieront-ils sur ce que je leur laisse ?
Dernière mise à jour : il y a 1 jour
« Si je disparais demain, qu'est-ce que mes enfants devront payer ? » C'est une des questions qu'on nous pose le plus souvent, et presque toujours avec la même crainte : que l'État prenne la moitié. Voici ce qui se paie réellement, à partir de quel montant, et ce que quinze ans changent.

On ne taxe pas tout : il y a d'abord un abattement
Avant tout calcul, chaque enfant bénéficie d'un abattement de 100 000 € sur ce qu'il reçoit de chacun de ses parents. En dessous de ce montant, il n'y a aucun droit à payer, et rien à avancer.
L'abattement est individuel, des deux côtés. Un couple avec deux enfants dispose donc de quatre abattements de 100 000 €, soit 400 000 € qui se transmettent sans droits — à condition que chaque parent transmette bien à chaque enfant.
C'est déjà la réponse à beaucoup de situations. Une grande partie des successions ne donne lieu à aucun droit, simplement parce qu'elle reste sous ces montants.
Au-dessus, ce qui se paie
Ce qui dépasse l'abattement est imposé par tranches, comme l'impôt sur le revenu. En ligne directe — des parents vers les enfants — le barème est le suivant :
jusqu'à 8 072 € : 5 %
de 8 073 € à 12 109 € : 10 %
de 12 110 € à 15 932 € : 15 %
de 15 933 € à 552 324 € : 20 %
de 552 325 € à 902 838 € : 30 %
de 902 839 € à 1 805 677 € : 40 %
au-delà de 1 805 677 € : 45 %
Le taux de 45 % existe, et c'est lui qu'on retient. Mais il ne s'applique qu'à la part qui dépasse 1 805 677 € reçus d'un seul parent — pas au reste, et pas à la plupart des situations.
Un exemple, pour fixer les idées
Un parent laisse 300 000 € à son enfant unique. L'abattement de 100 000 € s'applique : la base imposable est de 200 000 €. Le barème donne alors environ 38 200 € de droits, soit 12,7 % de la somme transmise.
Pas la moitié. Et ce chiffre baisse encore si la transmission a été préparée.
Exemple fictif, donné pour illustrer un calcul. Il ne préjuge d'aucune situation réelle. Calculé au barème en vigueur à la date de vérification de cet article, sans tenir compte d'éventuels abattements supplémentaires, de l'actif réel de la succession ni des frais.
Quinze ans : le chiffre qui change tout
L'abattement de 100 000 € ne sert pas une seule fois dans une vie. Il se reconstitue tous les quinze ans.
Autrement dit, un parent qui donne 100 000 € à son enfant à 55 ans peut lui en donner 100 000 € de plus à 70 ans, et autant à 85 ans, sans qu'aucun droit ne soit dû. Ce que la succession aurait fait payer, les donations espacées l'évitent — légalement, et sans montage.
C'est la raison pour laquelle, en matière de transmission, le temps compte plus que la technique. Commencer tôt ne demande aucune compétence particulière : cela demande seulement de ne pas attendre.
Et une exonération qui s'ajoute, pour l'argent
Il existe en plus une exonération propre aux dons de sommes d'argent : 31 865 €, elle aussi renouvelable tous les quinze ans. Elle suppose que le donateur ait moins de 80 ans au jour de la transmission, et que le bénéficiaire soit majeur ou émancipé — enfant, petit-enfant, arrière-petit-enfant, ou neveu et nièce si le donateur n'a pas de descendant.
Elle se cumule avec l'abattement de 100 000 €. Un parent de moins de 80 ans peut donc donner 131 865 € à son enfant majeur sans aucun droit.
Les petits-enfants ont leur propre abattement
Un grand-parent dispose d'un abattement de 31 865 € par petit-enfant, distinct de celui dont bénéficient ses propres enfants. Transmettre sur deux générations ouvre donc des montants qui ne se recoupent pas.
Ce qu'il faut peser avant de donner
Ce que ça apporte
Des droits évités, légalement et sans montage : ce qui passe sous l'abattement ne coûte rien. Un abattement qui se reconstitue tous les quinze ans, donc qui récompense le fait de s'y prendre tôt. Et la possibilité de choisir qui reçoit quoi, de son vivant, plutôt que de laisser la loi le décider.
Ce que ça coûte
Une donation est irrévocable : ce qui est donné est sorti de votre patrimoine et ne revient pas. Elle a un coût de formalisation — acte notarié obligatoire pour un bien immobilier ou une donation-partage, des droits de partage selon les cas. Et elle demande du temps : réunir les documents, chiffrer, aller chez le notaire.
Ce que ça fait risquer
Le risque principal n'est pas fiscal, il est personnel : donner trop tôt ou trop, et manquer de ressources ensuite. Une donation ne se défait pas parce que la situation a changé.
Il y a aussi un risque familial : une transmission inégale entre enfants, mal expliquée ou mal formalisée, se règle parfois devant un juge. Et un risque fiscal : les abattements et le barème sont des paramètres de la loi de finances, qui peuvent évoluer en fonction des changement apportés à chaque loi de finances.
Enfin, un risque d'inaction, le plus courant de tous : attendre, et laisser la succession faire payer ce que quinze ans d'avance auraient évité.
Un article ne connaît pas votre situation
Ce décryptage explique un mécanisme. Il ne dit pas si ce mécanisme convient à votre situation, à votre famille et à ce dont vous aurez besoin pour vivre. Une transmission se prépare avec un notaire, et nous travaillons avec le vôtre. Si le sujet vous concerne, le plus simple est d'en parler.
SOURCES
Service-public.gouv.fr, « Droits de succession : calcul et paiement », fiche F14198, page vérifiée le 9 février 2026 — consultée le 7 octobre 2026. Abattement de 100 000 € par parent et par enfant ; barème des droits en ligne directe.
Service-public.gouv.fr, « Donation d'une somme d'argent », fiche F36656, page vérifiée le 1er janvier 2026 — consultée le 7 octobre 2026. Exonération de 31 865 €, condition d'âge du donateur de moins de 80 ans, bénéficiaire majeur ou émancipé, renouvellement tous les quinze ans, cumul avec l'abattement de 100 000 €.
Impots.gouv.fr, « Que puis-je donner à mes enfants, petits-enfants sans avoir à payer de droits ? » — consultée le 7 octobre 2026. Renouvellement de l'abattement de 100 000 € tous les quinze ans ; abattement de 31 865 € pour les petits-enfants.
DISCLAIMER Communication du cabinet AE Patrimoine. Articles rédigés par Eric Abisset, conseiller en gestion de patrimoine. Information générale à caractère pédagogique, qui ne constitue ni une recommandation personnalisée, ni un conseil en investissement, ni une consultation juridique ou fiscale. Une recommandation personnalisée suppose un recueil préalable d’informations sur votre situation, vos objectifs et votre profil de risque. Les éléments fiscaux et réglementaires cités sont ceux en vigueur à la date indiquée sur chaque article et sont susceptibles d’évoluer. Tout investissement en supports non garantis comporte un risque de perte en capital, auquel peuvent s’ajouter, selon les supports, un risque de liquidité, un risque de change, un risque de contrepartie ou d’émetteur et un risque fiscal. Les performances passées ne constituent pas un indicateur fiable des performances futures et ne sont pas constantes dans le temps. Elles ne doivent pas être l’élément central de votre décision d’investissement.Les conseils du cabinet reposent sur une analyse restreinte des différents types d’instruments financiers.


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